Je le connaissais depuis quelques temps. Des regards, des bouts de phrase échangés, des lèvres effleurant des joues, je ne connaissais que ça de lui. Il m'avait toujours intimidé, il avait quelque chose qui m'impressionnait, sans savoir quoi je continuais à vivre ma vie de son côté et lui de la sienne. Puis une année, il a fallu qu'il tombe dans ma classe, et là finie les évitements. Chaque jour, son regard se poser sur le mien, ses lèvres s'agitées dans ma direction, et j'aurai pensé ça plus difficile, et pourtant avec lui je suis moi même. Au début, on se parlait normalement, évitant toute complication. Il m'a fallu un jour pour comprendre ce sentiment qui me submergeait. Des mots de colère, un coup de fil pour savoir, savoir d'où venaient ces mots si violents, et nous changions de chemin. Je lui ai avoué que je serai toujours là pour lui, même si nous nous ne connaissons pas beaucoup, et il m'a remercié. Le début d'une longue fin... à partir de ce jour, nos regards étaient plus soutenus, nos paroles plus enrichies, et évidemment des sourires si étincelants qu'ils illuminent mes pensées. C'est étrange, quand nous ressentons cette émotion, la personne nous paraît parfaite, et ces moindres gestes indispensables. Je le regardai écrire, lire, réfléchir, et il avait cette tête de nouveau né contemplant le monde avec ces grands yeux. Et quand je tombai dans le piège, dans ce sentiment inévitable, je me rattrapai, il y avait toujours une barrière, celle de plusieurs filles, elles aussi attirées vers lui. Puis certaines fois, en l'écoutant parler je regrettai, je me disais ce n'est qu'un garçon, un comme les autres. Mais il avait cette façon de me parler, comme au téléphone, cette voix si douce et agréable qui me faisait oublier toutes pensées d'avant. Il était beau, mais d'une manière unique, sans l'être véritablement physiquement, enfin bien sur que sa beauté physique était incroyable, ce que je veux dire c'est qu'il y avait du bon chez lui, de l'intelligence, de la souffrance, des traits de survie qui tentent toujours de se briser, cette petite lumière dans ses yeux exprimant un passé pas si simple que ça.
Il était celui qui comblait mes pensées, qui retenait mes gestes brusques, qui alimentait mes paroles.
Ce sentiment dont je vous parle n'a pas de mots justes pour le définir. On peut en souffrir, en rire, en aimer ou en détester. Tout est permis avec lui. Le meilleur comme le pire.